Maud Hufnagel envisage la marionnette comme un terrain de jeu aux limites extrêmement larges et perméables. Ce qui fait le moteur de son travail, c’est le lien. Proposer un spectacle, proposer un projet, c’est faire communauté, c’est apprendre à faire ensemble, et cela est pour elle profondément politique, surtout en ce moment. Le lien entre un texte et un public, le lien entre des mots et des images, des matières ou des techniques artisanales, le lien entre les générations puisqu’elle creuse toujours la piste du spectacle jeune public-tout public.
Chaque projet est un endroit nouveau, un endroit de découverte, intellectuel, esthétique, technique, théâtral ou social. Chaque spectacle est une plongée dans une esthétique différente et singulière, où, à chaque fois, est réinterrogé le rapport entre la scène et la salle (par exemple Dans moi, où elle brouille les pistes entre le spectacle et l’atelier, ou Pomelo se demande, où les spectateurs font partie du dispositif théâtral proposé). Le livre, la littérature, est le point de départ de ses spectacles : un texte, un livre, le travail d’un auteur, c’est ce qui la met en mouvement, ce qui crée le moteur — être le vecteur de cette parole.
Au sein d’Et Compagnie, cette démarche se traduit par des matières et techniques artisanales variées — plaques offset, sérigraphie réalisée en direct, cartons, kamishibaï — et fait du jeu d’acteur et de la manipulation à vue une signature centrale. Chaque spectacle invente ainsi une forme théâtrale singulière et un rapport renouvelé au spectateur, entre spectacle-atelier et conférence clandestine.
